Recommander cette page
Prévisions - PIC - PDP

Prévisions - PIC - PDP

Comment bien choisir les familles pour le PIC ?

Date de publication : 03-11-2009
Parfois le choix des familles (commerciales, technologiques…) ne pose pas de problèmes mais dans certaines sociétés, il est difficile à faire et à faire valider par tous les intéressés. Quelques conseils de Bill Belt.

Vous êtes Responsable Supply Chain et Propriétaire du Processus PIC (S&OP  Process Owner) d’une entreprise parapharmaceutique. Est-ce que vous choisissez les différentes marques de commercialisation de vos produits comme familles pour le PIC (Produits de Toilette TONUS, Vitamines LONGUE-VIE…) ou est-ce que vous choisissez les formes galéniques (aérosol, crème, liquide…), quelle que soit la marque ?

Vous êtes Responsable Planification d’une entreprise de papeterie. Faites-vous la Planification Industrielle et Commerciale (PIC) en termes des familles commerciales (Fiches autocollantes, Instruments d’écriture…) ou en termes de types de produit (produits découpés, produits assemblés…) ?

Parfois le choix des familles ne pose pas de problèmes, soit parce que l’environnement industriel n’est pas complexe soit parce que l’entreprise a déjà débattu et résolu la question. Chez un équipementier automobile, par exemple, famille commerciale et famille technologique sont habituellement les mêmes, en raison du volume et de la répétitivité. Mais dans certaines sociétés, le choix est difficile à faire et à faire valider par tous les intéressés.

Compte tenu du fait que le client est roi, utiliser les familles commerciales pour faire le PIC semble être le choix qui s’impose. Après tout, si le processus de Planification Industrielle et Commerciales n’intéresse pas et n’implique pas les commerciaux, c’est une perte sèche pour l’entreprise. Dernièrement, un stagiaire m’a dit, « Pourquoi ne pas changer le nom en Plan Commercial et Industriel ou PCI ? Ce serait plus logique. » C’est vrai, mais un changement de terme n’est pas facile. Dans une entreprise on peut s’autoriser à l’appeler PCI, mais la communauté industrielle restera sans doute avec PIC.

S’il y a alignement entre les familles commerciales et les capacités de l’entreprise, la famille commerciale peut être le bon choix. A condition de ne pas en avoir trop, comme le fabricant d’articles de papeterie que j’ai connu, qui avait 175 familles. La règle pratique pour le PIC est 15 familles maximum. Sinon, la réconciliation de demande et capacité - objectif premier du PIC - ne se fera pas à un niveau assez élevé. On ne peut pas tracer les voies à travers une forêt simplement d’en haut d’un arbre. Il faut être en hélicoptère au-dessus de la forêt. Pas 15 000 mètres au-dessus, mais assez haut pour embrasser toute la forêt.

S’il n’y a pas alignement entre les familles commerciales et les capacités de l’entreprise, l’usage des seules familles commerciales dans le PIC peut avoir des conséquences néfastes. Dans l’industrie aéronautique, par exemple, les familles commerciales sont les programmes avion. Dans ce cas il est tentant de faire le PIC par programme avion ou type de programme avion (FRELON 230, MOUCHE-15…), et de reléguer toute discussion sur la capacité à une réunion de producteurs seuls, sous l’appellation « Charge-Capacité ».

Mais les ateliers ne sont pas organisés par programme avion : il n’y a pas de ligne pour le FRELON 230 ni d’îlot pour le MOUCHE-15. La production est organisée par type de pièce : pompes, hydraulique, avionique, etc.

En reléguant la discussion des capacités aux seuls producteurs - dans l’industrie aéronautique ou ailleurs - on créé deux problèmes majeurs :

1/ La réconciliation entre le volume de demande et le volume de capacité, l’objectif primaire du PIC, ne se fait pas au niveau PIC : le forum où les commerciaux, les industriels, les financiers, et les services techniques, achats, ressources humaines et qualité sont présents. Or, la capacité (démontrée!) est une notion trop importante pour être laissée aux producteurs seuls, exactement comme la météorologie est un sujet trop important pour être laissé aux météorologues seuls.

2/ L’entreprise peut prendre des engagements commerciaux « ya ka » qu’elle ne peut pas tenir, faute de vue suffisante sur les capacités disponibles, faute de discussion sur le sujet, et faute de prise de décision rapide et efficace pour modifier les capacités à temps afin qu’elles puissent couvrir les besoins commerciaux.

Quand il y a non-alignement, il est recommandé de faire le PIC d’abord en termes de familles technologiques, ou familles de production. Après tout, dans la Supply Chain interne de l’entreprise, la Production est le client des informations, qui « coulent » de droite à gauche, le flux physique allant de gauche à droite. Afin que la Production (et les fournisseurs) puissent livrer les produits physiques, ils devraient recevoir au préalable des informations de planification de leurs fournisseurs internes, qui dans ce cas est le Service Commercial.

Mais comment les commerçants vont-ils maintenir leur intérêt et leur participation essentiels dans le PIC ?

Justement parce que le processus PIC peut très bien sortir les deux vues - famille commerciale et famille technologique - bien que la validation initiale de la couverture des besoins commerciaux par la capacité démontrée ne puisse être réalisée d’abord qu’avec des familles technologiques.

Dans le processus PIC à cinq étapes, la planification de la demande (étape 2) précède la planification des ressources (étape 3), mais les deux sont traitées dans la réconciliation intégrée (étape 4) avant de procéder à la revue pour la Direction Générale ou réunion PIC proprement dite (étape 5) :

 

process_pic_etendu

 

 

Le Lean peut aider ; il n’est pas nécessaire d’être dans le secteur automobile. Chez le fabricant d’articles de papeterie, par exemple, le Lean obligera à penser davantage en termes de flux et de capacité, créant une structure de flux globaux dans lesquels les multiples familles commerciales seront rangées.

 

L’auteur de cet article :

Bill BELT
Bill Belt Excellence
www.billbelt.com/



Cécile SZCZERBAK
ARDI Performance
cecile.szczerbak@ardi-rhonealpes.fr
04 77 91 11 30

Retour en haut

Site réalisé grâce au concours de :
Mentions légales      Technologie ActivePortail   Copyright Pôle Productique Rhône-Alpes 2007, Tous droits réservés