Recommander cette page
Gestion des connaissances

Gestion des connaissances

OPERA : un réseau d'intelligences au service de la performance industr

Date de publication : 04-04-2005
Comment est né et évolue le réseau d'intelligences (OPERA) mis en oeuvre par le Pôle Productique dans le domaine de la performance industrielle.

Voici l'histoire racontée de la naissance du réseau du Pôle Productique que l'on nomme OPERA... Un réseau humain avant tout !


Chapitre 1 : L'intuition de Paul

Paul Armand a la cinquantaine. Alors jeune ingénieur, il commence sa carrière dans une PME fabriquant des pièces électriques pour l'automobile. Par la suite, il rejoint voilà près de dix ans une structure chargée de développer la performance industrielle dans la région Rhône Alpes.
Depuis le temps qu'il travaille dans ce secteur, Paul a développé un réseau relationnel aussi vaste que varié : responsables (supply chain, production, qualité), chefs de projet, consultants, chercheurs... Il a appris à écouter et anticiper les besoins de ceux qui deviennent souvent plus que des relations professionnelles.

En juillet 2000, il croise dans le TGV, un de ses importants financeurs, Michel Terrabon, représentant des Pouvoirs Publics. Les deux hommes profitent de l'occasion et mettent à profit la durée du trajet pour évoquer leurs centres d'intérêts et visions communes. Au centre de leur discussion, le constat que les différents acteurs économiques de la région gagneraient à travailler ensemble (innovation, montée en compétences, résolutions de problèmes collectifs...) alors que sur le terrain c'est le cloisonnement et l'isolement qui dominent.
Néanmoins cela fait quelques temps que Paul a imaginé les grandes lignes d'un dispositif qui permettrait d'apporter des solutions concrètes à ces difficultés et les expose à Michel. Celui-ci est immédiatement séduit par la démarche et propose à Paul d'intégrer cette réflexion à ses missions et lui donne carte blanche (assortie toutefois d'un délai !). Paul est très satisfait car il est du sud et dans le sud on aime bien relever les défis !
Il décide toutefois de soumettre ses intuitions à l'avis de professionnels de terrain et réunit donc quelques unes de ses relations pour esquisser les premiers contours de sa réflexion opérationnelle.


Chapitre 2 : La genèse du dispositif

Le 14 septembre 2000, une demi-douzaine de personnes, motivées avant tout par leur sympathie pour Paul se retrouvent à table, non sans mal, les emplois du temps étant chargés et les kilomètres interminables. La plupart d'entre elles se connaissent déjà et avant même que Paul n'ait exposé le motif précis de leur réunion, la conversation s'est déjà orientée sur les difficultés quotidiennes rencontrées par deux d'entre eux.

Cette première soirée est fructueuse pour tous : chacun a un peu plus appris sur le métier de l'autre, sur ses réflexions et les solutions mises en oeuvre. Paul repart avec quelques pages de notes et beaucoup de convictions :
- les industriels présents, ce soir-là, ont été constructifs et force de proposition, sûrement parce qu'ils se connaissent un peu, mais aussi parce qu'ils reconnaissent leurs compétences et leurs savoir-faire mutuels ;
- il est nécessaire de pouvoir prolonger la dynamique de cet échange dans la durée (en prenant en compte les contraintes de chacun) ;
- enfin, tous sont d'accord pour dire qu'ils gagneraient à sortir de leur isolement relatif et à échanger plus souvent avec leurs pairs.
Sans le savoir, ils viennent de poser la pierre d'un bel édifice...


Chapitre 3 : La jeunesse d'OPERA

Dès le matin suivant, Paul réunit toute son équipe dans ses locaux de Saint Etienne avec l'idée de concrétiser sa démarche dans les mois à venir. Il s'agira de construire un dispositif qui facilite la mise en relation et les échanges entre spécialistes de la performance industrielle. Il portera le nom d'OPERA (Observatoire de la Performance des Entreprises de Rhône Alpes).
Le principe : chaque membre du réseau met à disposition des autres, des informations non concurrentielles (notes d'étonnement, compte rendus de conférences, remontées terrain...) afin de tenir, tout le monde, au courant de l'actualité de la performance industrielle. Tous ces documents sont formalisés et accessibles depuis une plate-forme informatique privative, qui est accessible n'importe quand et n'importe où via une simple connexion à Internet. Les membres du réseau sont tous des professionnels intéressés par la thématique.

Après avoir validé les concepts et outillé la plate-forme, Paul prend son bâton de pèlerin et les chemins de Rhône-Alpes pour convaincre les professionnels de rejoindre ce réseau. Il affine son discours et ses idées mais rencontre vite des difficultés. En cette fin 2000, la méfiance sur les questions de sécurité et confidentialité est encore forte, les niveaux dans l'accès et l'utilisation des outils informatiques sont inégaux.
Qui plus est, la culture du partage n'est pas évidente en soi, il y a toujours une méfiance naturelle à donner plus que ce qu'on estime recevoir et à ne pas connaître les gens à qui on diffuse l'information. Et puis il est tellement plus simple de décrocher son téléphone... Enfin, les bénéfices du partage d'information ne sont pas toujours tangibles, les entreprises hésitent donc à y consacrer un peu de temps.

Après un an d'expérimentation grandeur nature, le bilan est donc mitigé. Mais Paul et son équipe, tenaces et persuadés du bien-fondé de la démarche, décident de muscler le dispositif en s'inspirant de la réunion fondatrice de septembre 2000 : les invités se connaissaient et Paul était naturellement l'animateur de cette réunion informelle, l'arbitre qui mettait implicitement en place des règles de dialogue. « Transposons donc à notre plate-forme ces principes ! »

Ils sont, en effet, convaincus que c'est dans un cadre normé, soumis à des règles comportementales que l'échange d'expériences réelles, d'expertises, sont moteur d'innovation, d'enrichissement individuel et collectif... bref, d'intelligence.
Par ailleurs, il ne s'agit pas de mettre en place un énième club d'industriels, mais bien d'organiser une réflexion collective à des fins opérationnelles ; par exemple du benchmarking, des dossiers d'approfondissement, des guides, des trucs et astuces... « Des contenus exploitables au quotidien par les membres d'OPERA ! »

Et effectivement la mayonnaise prend avec ces ingrédients : un réseau structuré en groupes de professionnels focalisés sur une problématique commune et opérationnelle, où les membres se connaissent et reconnaissent leur expertise, avec une mission, un délai et des règles du jeu déterminés. A l'automne 2002, les trois premières communautés de pratique naissent, regroupant au total 38 membres.


Chapitre 4 : OPERA au quotidien, et demain...

Le 10 décembre 2004, Paul est fier de présenter des résultats encourageants à notre ami Michel Terrabon. « Après deux ans d'expérience, le réseau OPERA héberge aujourd'hui 17 communautés, pour près de 250 membres, acteurs clés de la vie économique régionale et organise plus de 130 réunions formelles par an pour l'ensemble des communautés. J'aime comparer ce réseau à un écosystème créé et outillé pour faciliter les collaborations et les partenariats entre les forces vives du territoire. »

Plus encore, c'est le témoignage d'un membre d'une communauté qui convaincra Michel. Jean Dupont est membre du réseau OPERA. Il est responsable production dans une entreprise de fabrication de moules plastiques, et a rejoint en 2003 la communauté Innovation et productivité composée de 8 industriels, 4 chercheurs et 2 consultants. « J'ai découvert l'existence de cette communauté sur le site Internet du Réseau. J'ai été intéressé par son objectif résolument opérationnel, qui consistait à mettre en place un référentiel de bonnes pratiques pour identifier des sources d'innovation dans une entreprise.

J'ai donc pris contact avec l'animateur OPERA. Celui-ci a transmis ma demande de candidature aux membres de la communauté et m'a expliqué le fonctionnement et les règles de la communauté. J'ai signé la charte de participation, reçu mes codes d'accès à la plate-forme et me suis rendu à ma première réunion de la communauté.
Nous nous voyons une fois tous les deux mois, dans l'entreprise d'un des participants. Pour échanger sur un retour d'expérience vécu afin d'en tirer les leçons et de les formaliser. Ces informations à valeur ajoutée sont capitalisées dans la bibliothèque de la communauté et les échanges se poursuivent et sont relayés sur la plate-forme.

Au bout d'environ 18 mois de vie de la communauté, nous avons décidé de sélectionner les bonnes pratiques que nous avions identifiées et de créer notre référentiel afin de conserver une trace de nos réflexions, réexploitable en interne.
Enfin, le document finalisé a été mis à disposition des membres des autres communautés du réseau. C'est la règle du jeu, si on veut bénéficier des différents travaux collectifs des autres communautés, il faut que nous aussi nous y contribuions. »

« Tout cela doit vous prendre du temps : participer à ces réunions, réaliser des référentiels ? » demande Michel. « Cela prend un peu de temps, c'est vrai, mais... » reconnait Jean en commençant à énumérer du bout des doigts :

 Un, pour moi, cela participe à l'hygiène professionnelle. On se tient au courant, on compare nos expériences, on apprend des autres, sans la peur d'être jugé incompétent ;
P Deux, cela permet de développer nos expertises personnelles. Nous avons par exemple, créé un petit club de notre propre initiative, sur une problématique encore plus pointue ;
P Trois, notre travail collectif nous fournit des outils pratiques, utilisables au quotidien... ;
P Quatre, cela nous permet de renforcer notre réseau professionnel ;
P Cinq, et loin d'être le dernier, cela nous permet de prendre du recul, de lever la tête du guidon, de ne pas oublier notre véritable mission. Au fond, j'ai même le sentiment d'être plus efficace. »

Et Paul, qui était resté étonnement silencieux conclut, « c'est d'ailleurs pour cela qu'OPERA va se renforcer, pour accueillir encore plus de communautés, d'experts, et diffuser plus de contenus de qualité.
Les nouvelles fonctionnalités de la plate-forme vont permettre d'organiser et stimuler le croisement des expertises et des connaissances de chaque communauté pour mailler cet ensemble d'intelligences entre elles. Je suis convaincu que notre prochain challenge est d'approfondir les apports de la mise en place d'un tel réseau d'intelligence collective, et d'enrichir de nouvelles opportunités de collaboration. »

A suivre...


Pour en savoir plus sur OPERA : Http://www.oppra.net

Farida Talhi
Pôle Productique Rhône-Alpes
talhi@ppra.fr
04 77 91 11 30

Retour en haut

Site réalisé grâce au concours de :
Mentions légales      Technologie ActivePortail   Copyright Pôle Productique Rhône-Alpes 2007, Tous droits réservés