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Tendances 2004

Date de publication : 03-02-2005
Les résultats de la 3ième édition de l'étude annuelle, comparative et prospective, des marchés et des tendances de l'automatisme en France menée par Automation-Optimation Europe et le Cetim. Cet Observatoire de l'automatisme met en évidence le boom du MES, l'avancée inexorable de l'Internet en production et la forte percée du ? sans-fil ?.
Extrait de CETIM - Informations n° 189 - Décembre 2004.




? L'Observatoire 2004 met en évidence la vitalité et la détermination des entreprises industrielles d'aujourd'hui : c'est vraiment une démarche systématique de progression dans l'efficacité en production que recherche, par tous les moyens, l'entreprise de 2004 ? : cette conclusion énoncée par Jean-Claude Boehm du Cetim, à l'occasion de son allocution présentant les résultats de l'Observatoire 2004, dresse rapidement un état des lieux sur les tendances et les évolutions.

Les résultats confirment en effet des démarches plutôt volontaristes des entreprises : se sortir à tout prix du marasme en proposant de nouveaux produits sur de nouveaux marchés. Comme le souligne Jean-Claude Boehm : ? Il lui faut pour cela être compétente, performante et proactive, dans tout, à travers la réactivité et la performance. Ce qui explique en partie le boom du MES - Manufacturing Execution System - pour la maîtrise de la production, l'explosion des solutions sans fil pour la communication et l'avance inexorable d'Internet dans tous les secteurs de l'entreprise !

? Les résultats de l'Observatoire révèlent une élévation du niveau de performance par l'acquisition d'équipements matériels, de logiciels, par des formations et l'utilisation de compétences extérieures. Ce sont huit tendances et axes de progrès qui se dégagent : maîtrise en automatismes, l'introduction massive du MES, démocratisation de l'ERP (Entreprise Ressource Planning), Internet comme communication privilégiée, une tendance pour des projets à court terme, montée en compétence sur les nouvelles technologies, la percée du sans-fil et le réel partage d'informations.

L'étonnante maîtrise en automatisme

L'Observatoire 2004 montre une progression continue dans l'utilisation des logiciels d'automatisation : 61 % contre 50,3 % en 2003. Alors que la diversité des logiciels mis en oeuvre en production se décline selon quatre niveaux de fonctionnalités, dans les quatre cas l'évolution est supérieure à celle de 2003 (instrumentation et processus, automatisation, supervision, MES). Les logiciels de supervision - la grande majorité des outils acquis avec 64 % d'utilisateurs - séduisent puisque, sur les deux dernières années, la progression est de 10 % par an. Autre facteur confortant la notion de maîtrise de la performance, les investissements n'en restent pas là et la mise à niveau des applications est aussi de rigueur. 91 % des utilisateurs sont satisfaits de la solution choisie. Selon les réponses recueillies, les projets d'achats sont plutôt sur du court terme : 73 % seront réalisés dans l'année et 27 % dans les deux ans. Question mise en place de la solution retenue, les utilisateurs ont privilégié les intégrateurs dans 72 % des cas, signe d'une maîtrise de l'étude de faisabilité et du cahier des charges.

Le raz-de-marée du MES

Changement de comportement en production, le MES signe la plus rapide entrée dans les entreprises. En termes de répartition : ce sont 42 % pour le continu, 46 % pour le batch et 63 % pour le manufacturier. Ce dernier secteur a connu une progression de 46 % en un an. D'aucuns diraient même qu'il s'agit d'une petite révolution au regard des entreprises de moins de 100 personnes qui se sont équipées pour 37 % d'entre elles dans les six derniers mois. On note tout de même dans ces trois secteurs une tendance au ralentissement pour les projets d'investissements.

Sa mise en oeuvre est à 58 % une décision interne pour maîtriser et améliorer la production en termes de traçabilité, de qualité et de réglementation. Là encore, le prestataire extérieur est privilégié pour la mise en oeuvre. Justement pourquoi un tel engouement ? Selon les secteurs, il apporterait des gains conséquents : pour la filière batch, c'est en très grande majorité pour l'accès en temps réel aux informations de processus ; quant au manufacturier, c'est pour les réductions de temps de cycle de production ; pour finir, 60 % des ut ilisateurs de la filière batch considèrent
que c'est pour l'apport du meilleur service au client. Les projets d'intégration du MES actuellement en cours sont toujours sur du court terme.

Encore aujourd'hui, ce sont les petites et les moyennes applications qui restent concernées par le MES. Les liaisons avec les autres systèmes du type ERP sont dans la moyenne (54 % pour le manufacturier et 48 % pour le batch, contre seulement 16 % en continu). Les liaisons avec les supervisions sont en revanche plus systématiques. Du projet à la réception, l'application est réalisée entre 14 et 16 mois. Le retour sur investissement, quant à lui, d'une implantation MES se situe entre deux et trois ans.

L'ERP : une plate-forme d'échange naturelle

À la vue des résultats sur sa mise en oeuvre, les fonctions allouées, les gains apportés et les différents projets lancés, l'ERP s'annonce comme la véritable plate-forme logicielle. Elle est d'ailleurs destinée à gérer les flux et les données de l'entreprise, et permet de coordonner, de maîtriser et de suivre l'information de production. Pour preuve, en 2004, ils sont 34 % d'utilisateurs, contre 20 % en 2002. Et on en attend 16 % de plus d'ici 2006.

Comme le MES, sa mise en oeuvre est fonction du secteur : 37 % en manufacturier, 52 % en batch et 22 % en continu. Avec un délai moyen de mise en oeuvre de 17 mois, le retour sur investissement de ce type d'application est estimé à six ans et demi. La fonction indiscutable de l'ERP est avant tout le suivi de la chaîne logistique, dans le souci d'avoir un pilotage au plus près.

Les principaux gains évoqués lors de cette enquête reflètent bien la préoccupation majeure des responsables quant à leur souci de coordination et de maîtrise des grandes fonctions de gestion de la production : vient en tête des gains pour 90 % des interrogés la gestion des stocks, en deuxième pour 85 % d'entre eux la gestion des commandes, se succèdent le suivi de planification, une meilleure réactivité, un suivi de production, une réduction des coûts et pour 56 % d'entre eux une réduction des délais.

Internet : communication privilégiée

Question technologie de l'information et de la communication, le taux de pénétration dans le batch est de 15 %, alors que le manufacturier et le continu enregistrent des progressions de 25 %. Son avancée est inexorable : tous les systèmes intelligents se connectent sur l'Internet ou sur l'intranet (télésurveillance, télépilotage, télécommande, télédiagnostic, télémaintenance, etc.).

La pénétration de l'intranet dans l'entreprise se mesure aux types de relations existantes entre le processus et les outils de suivi de production ou de performance. Les liaisons se réalisent via un navigateur.
En effet, on les retrouve pour les superviseurs (25 %), dans les automates ou les PC de processus (30 %) et jusque dans les capteurs et les actionneurs intelligents et communicants (20 %).

Les raisons principales d'un choix pour l'intranet sont avant tout et par ordre d'importance pour l'accès aux informations locales (23 %), la télésurveillance, le télédiagnostic et la télémaintenance (18 %). Le plus gros utilisateur restant le manufacturier : plus de 30 % des entreprises sont équipées de chacune de ces fonctions.

Les projets à court terme privilégiés

Les projets des entreprises sont plutôt sur du court terme. Le peu de visibilité du marché y étant pour quelque chose. Ainsi, le nombre de projets à six mois repart à la hausse pour le manufacturier et le continu alors que, pour les projets à un an, c'est le batch qui progresse. Cela montre que les entreprises travaillent encore dans l'urgence : près de 80 % des projets seront réalisés sur un an. Le fait d'avoir des projets à plus de deux ans (19 % en moyenne) laisse prévoir un regain d'activité.

Le budget annuel moyen des utilisateurs est de 170 000 euros : la part de matériels achetés est de 41 % et la part de développement est de 17 %. Les co nstructeurs de matériels automatisés ont,
quant à eux, un volume d'achat en moyenne de 313 000 euros par an : la part de matériels achetés est de 35 % et la part de développement est de 39 %.

Maîtriser les nouvelles technologies

58 % des entreprises ont eu encore besoin de monter en compétence dans le domaine des TIC. Un secteur communément appelé domaine de l'intelligence répartie. Il est important de ne pas perdre le contact avec ces technologies qui fédèrent les données et les ressources de production et de gestion. Un besoin plus sensible dans le batch puisqu'il concerne 66 % des entreprises contre 59 et 53 % respectivement pour le continu et le manufacturier.

Cette montée en compétence, les responsables l'acquièrent généralement par de la formation pour leurs équipes. Il s'agit d'une stratégie d'adaptation à l'évolution.

La percée du sans-fil en production

26 % des entreprises ont déjà intégré le sans-fil en production. Rien à voir avec la taille de l'entreprise, mais plutôt le domaine d'activité (40 % pour le manufacturier). Le sans-fil séduit par sa souplesse, sa mobilité pour le poste de conduite comme pour le panneau de contrôle ou la console de maintenance. Les applications retenues sont la supervision, le contrôle et la commande et la maintenance. Pour sa mise en oeuvre, les équipements utilisés sont les IHM et console opérateur (60 %), les API, PC, CN et commande, les capteurs et les actionneurs (13 %).

La Supply Chain pour une vision globale

L'entreprise s'ouvre aujourd'hui à un réel partage d'informations ; elle est dans une relation de type entreprise étendue. On constate pourtant que la mise en oeuvre de ce concept est réalisée selon la taille de l'entreprise. Implantée en moyenne dans 16 % des entreprises, elle concerne 12 % des sociétés de 1 à 100 personnes et 30 % des entreprises de plus de 1 000 personnes. La Supply Chain externe (logistique avec les clients et les fournisseurs) est, quant à elle, mise en oeuvre dans 15 % des entreprises (36 % pour les sociétés de 501 à 1 000 personnes). Constat de ces résultats : une entreprise pourrait se retrouver marginaliser si elle ne se met pas à tisser des liens avec des partenaires à tous les niveaux, avec les conséquences que l'on sait.

Pour en savoir plus sur l'Observatoire

Lancé en 2002, l'Observatoire est une initiative du Salon/ congrès Automation-Optimation Europe à laquelle le Cetim s'est associé dès l'origine. C'est un suivi des tendances et des évolutions à la fois aux exposants et aux visiteurs. Il présente une évaluation de l'existant en automatisation de la production, ainsi que les grandes tendances d'évolutions des solutions d'automatisme (matériels, logiciels et services) et de systèmes de communication complémentaires, ainsi que des investissements prévus par les utilisateurs et par les clients. http://www.automation.com

125 individus ont répondu à l'enquête de l'Observatoire en 2004 :
- 41 % sont utilisateurs,
- 37 % intégrateurs,
- 16 % constructeurs,
- 6 % distributeurs.

Question domaine d'activités :
- 42 % des réponses sont issues de la production en continu (transformation des matières premières en produits finis, sans rupture de temps et de lieu),
- 30 % du manufacturier
- 28 % de la production par lots (batch).
- 35 % des répondants sont des chefs de projets,
- 32 % des ingénieurs et cadres,
- 24 % des directeurs de site et p.-d.g.
- 9 % des techniciens.
- 49 % des répondants appartiennent à des structures de 1 à 100 personnes,
- 23 % de 101 et 500, 19 % plus de 1 000 personnes
- 9 % de 501 à 1 000 personnes.



Daniel CHABBERT
Pôle Productique Rhône-Alpes
chabbert@ppra.fr
04 77 91 11 30
http://www.productique.org
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