www.productique.orgArchivesLettrePI18-1.htmPourquoi un schéma directeur ?
Dans de nombreuses PME, le développement de l'informatisation de nouveaux domaines fait découvrir aux Dirigeants des difficultés inattendues.
Par exemple: utiliser les nomenclatures, créées par une CAO, pour la gestion de production peut s'avérer très coûteux à réaliser (ou techniquement impossible) si les systèmes de gestion de fichiers sont incompatibles, ou si un même composant est décrit de 2 façons différentes dans les fichiers.
La PME-PMI sera progressivement amenée à réaliser un véritable réseau d'échanges d'informations interne à l'entreprise, supporté pour une part de plus en plus importante par des systèmes informatiques.
Ce développement de l'informatisation est accentué par la nécessité nouvelle de communiquer avec l'environnement de l'entreprise (systèmes des clients, fournisseurs, banques, administrations, ... ).
De nouvelles questions se posent qui remettent en cause tout ou partie de l'existant:
- quelle politique productique ?
- quelle organisation de travail, quelle répartition des tâches ?
- comment motiver le personnel pour les changements à venir ?
- quelles compétences sont nécessaires à l'entreprise ? quelles formations sont à prévoir ?
- quel niveau financier d'investissement faut-il engager, et quels seront les coûts d'exploitation ?
- quels outils informatiques adopter ? que faire des moyens existants ?
- quels fournisseurs informatiques seront compétents ? comment garder la maîtrise de leurs prestations ? comment s'assurer de leur pérennité ?
Les aspects concernés sont de plus en plus globaux, chaque besoin nouveau pouvant remettre en cause tout ou partie de l'ensemble,
Pour garder la maîtrise de cette évolution, la Direction de l'entreprise doit avoir une vision d'ensemble anticipative de l'intégration productique:
- il doit y avoir un projet global, cohérent, maîtrisé par l'entreprise
- les outils informatiques (matériels et logiciels) doivent être évolutifs, et permettre de réaliser un réseau d'échanges d'informations
- ils doivent être compatibles entre eux et adaptés
- les informations doivent être accessibles à tous les utilisateurs autorisés
- les procédures doivent être harmonisées, communes à tous ...
Pour éviter de se trouver dans une "situation cul-de-sac", la PME doit s'inscrire dans une démarche d'intégration productique d'ensemble. Elle aboutira à établir un cadre commun de référence, bien identifié, et reconnu par le personnel : le Schéma Directeur d'Intégration. Cette démarche est présentée dans les pages intérieures de ce numéro,
Son horizon est de l'ordre de 3 à 5 ans. Chaque projet particulier, ou besoin nouveau, sera traité par rapport au Schéma Directeur, qui permet de prendre les décisions au présent, sans hypothéquer l'avenir.
* Quels enjeux ?
Les enjeux de cette approche sont de niveaux différents, par exemple
- Rendre cohérents les différents projets de l'entreprise qui ont une incidence sur la gestion de l'information (projets qualité, acquisitions, fusion et restructuration financière, modernisation des ateliers de l'appareil productif, pénétration à l'export, ... ).
- Permettre à tout le monde de parler le même langage dans l'entreprise (les projets non compris au niveau du vocabulaire utilisé sont rarement acceptables).
- Donner à tous un "cadre de référence" et des règles claires pour permettre de statuer sur les nouveaux besoins, qui apparaîtront ultérieurement de façon non prévisible,
- Se préparer aux changements de l'environnement de l'entreprise sans avoir la crainte de devoir "tout reconstruire" périodiquement,
- Stabiliser les besoins, en étudiant suffisamment tôt les liens entre des domaines différents.
- Déclencher à temps et favoriser tous les apprentissages qui seront nécessaires (et non pas seulement à la mise en place des applications informatiques) , prévoir les formations nécessaires à l'avance.
- Ne pas choisir systématiquement le "moins cher" au départ pour risquer de payer très cher les adaptations ou extensions ultérieures (faire des choix économiquement durables).
- Eviter au chef d'entreprise la logique du "doigt dans l'engrenage", en lui donnant une vision d'ensemble qu'il peut maîtriser.