* L'indice de fluidité
Cet indice doit être étudié pour quelques produits ou fabrications représentatifs des activités de l'entreprise.
C'est le ratio :
délai entre prise de commande et livraison au client
durée théorique du cycle de production
(temps gamme)
Ce ratio atteint fréquemment des valeurs supérieures à 50 ou à 100. Il traduit des pertes de temps et attentes à tous niveaux dans l'entreprise, notamment :
- dans les services administratifs et technico-administratifs
- entre les opérations de fabrication.
Cela entraîne deux remarques :
- un délai ne résulte pas que du seul atelier mais tous les services de l'entreprise y contribuent
- la durée du cycle de production (délai) est génératrice de frais financiers liés aux en-cours ; l'entreprise engage des dépenses (salaires affectés aux produits fabriqués, achats divers) pendant une certaine période correspondant au délai, sans pouvoir encore facturer à ses clients -> problèmes de trésorerie -> frais financiers proportionnels aux taux d'intérêt court terme, à la durée d'engagement des dépenses (délai), aux valeurs immobilisées.
Il est donc important de réduire au minium la durée des cycles de production en traquant tous les temps morts et attentes entre opérations et activités, qu'il s'agisse d'opérations dans les services administratifs ou dans les ateliers, qui ont tendance à ralentir les flux physiques. On réalise ainsi que les seules actions au niveau des postes de travail (machines) et de l'optimisation des procédés de production (technologie) si elles sont nécessaires, sont largement insuffisantes pour améliorer les flux car elles ne représentent souvent qu'une part très faible de la durée d'un cycle de production.
* Le Taux de Rendement Global des machines (TRG)
C'est le ratio :
temps pendant lequel la machine produit réellement (pièces bonnes)
temps de fonctionnement théorique de ta machine
(ex. : durée du poste)
Il n'est pas souhaitable dans la Production moderne (au plus juste) que le TRG soit proche de 1 ce qui indiquerait que les machines sont saturées et qu'il n'y a plus aucune marge pour réagir (réactivité), notamment à des commandes urgentes ou à une augmentation de volume de production.
A l'inverse un TRG faible ne signifie pas forcément que les machines soient disponibles et que la réactivité soit élevée.
En effet l'écart entre le temps théorique et le temps réel d'utilisation d'une machine résulte souvent :
- d'immobilisations de la machine pour des causes diverses : changements de fabrication et réglages, pannes et maintenance,
- d'un temps de fonctionnement pendant lequel elle réalise des pièces défectueuses devant être retouchées ou rebutées, en particulier au lancement d'une nouvelle série,
Dans la pratique le TRG est souvent inférieur à 60% voire à 50% pour ces seules raisons.
Il y a donc une capacité de production potentielle importante à dégager, par des actions appropriées entrant dans le cadre de la production au plus juste; l'enjeu est d'augmenter la réactivité mais aussi, parfois, d'éviter d'investir dans de nouvelles machines (opérations coûteuses) s'il faut absolument augmenter de manière permanente la capacité de production.
L'optimisation du TRG est par ailleurs une obligation pour toutes les machines considérées comme étant des goulots d'étranglement.
* Valeur ajoutée comptable et rationalisation des achats
La valeur ajoutée comptable d'une entreprise est la différence entre son chiffre d'affaires et l'ensemble de ses achats (matières premières, composants, constituants et sous-ensembles, sous-traitance, services divers, etc.. ). Elle peut être calculée à partir des documents fiscaux:
VAHT = Marge commerciale (FC-FS-FT] + Production propre (FF+FI+FM+FN) -
Consommations intermédiaires (FU+FV+FVv)
Dans beaucoup d'entreprises elle est de l'ordre de 40 à 60% du chiffre d'affaires ce qui signifie que les achats peuvent représenter environ 40 à 60% de ce chiffre d'affaires.
Dans un tel cas les efforts pour améliorer la compétitivité doivent porter autant sur les achats que sur l'optimisation de la productivité au sein de l'entreprise : rationalisation en essayant de réduire la diversité des articles achetés ; homologation de fournisseurs etc ... Les gains potentiels peuvent être du même ordre de grandeur que ceux correspondants à des actions de productivité à l'intérieur de l'entreprise.
On rencontre souvent des entreprises (PMI) dont le volume d'achats représente 40 à 50% de leur chiffre d'affaires dans lesquelles la fonction achats est cependant peu structurée et peu organisée et ne permet donc pas l'optimisation indispensable
* Stocks, en cours, frais financiers et résultats nets des entreprises
Comme cela a été évoqué à propos de l'indice de fluidité les en-cours génèrent des frais financiers ; il en est de même de tous les types de stocks
- matières premières,
- constituants, sous-ensembles et articles divers achetés à l'extérieur,
- produits finis,
sous-ensembles et pièces fabriqués dans l'entreprise et stockés momentanément avant assemblage-montage des produits.
Les valeurs immobilisées sous forme de stocks et en-cours divers représentent couramment de 10 à 40% du chiffre d'affaires des entreprises ; 10% et moins est une valeur faible ; au-delà de 20 à 25% cela peut commencer à poser problème en termes de trésorerie donc d'emprunts et de frais financiers. L'analyse des bilans d'entreprises permet d'avoir une connaissance des niveaux de stocks de tous types (actif circulant).
L'ensemble des frais financiers, y compris ceux liés aux emprunts à long terme pour investissements, représente fréquemment des valeurs de l'ordre de 2 à 3,5% du chiffre d'affaires dans les entreprises de mécanique.
Parallèlement ces entreprises font des bénéfices nets après impôts qui dépassent rarement 3% de leur chiffre d'affaires et qui le plus souvent sont compris entre 1 et 3%, Les frais financiers sont donc d'un ordre de grandeur comparable à celui des résultats nets. Par conséquent toutes actions, et c'est l'objet de la Production au plus juste, qui visent à accélérer les flux, à réduire les stocks et les en-cours sont susceptibles d'engendrer des gains significatifs au niveau des résultats nets des entreprises.