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Tendances sectorielles

Tendances sectorielles

Sortie de crise : vers l’émergence de nouveaux modèles de croissance ?

Date de publication : 04-12-2009
Cet article est la synthèse du rapport du Centre d'Analyse stratégique intitulé " Sortie de crise, vers l'émergence de nouveaux modèles de croissance». Il a été publié en octobre 2009 sous la présidence de Daniel Cohen. Plus de détails à travers cette synthèse

La crise actuelle est causée par l'emboitement de 3 crises précédentes qui ont mis à mal le modèle de croissance mondial. La crise des valeurs technologiques, porteuse d'instabilité financière et de  volatilité accrue des marchés, la crise des ressources rares (pétrole, gaz, matières premières alimentaires) ainsi qu'un surendettement massif de la classe moyenne notamment américaine ont conduit à la remise en cause de la croissance bâtie autour des années 2000 sur  l’automobile,  l'immobilier et les nouvelles technologies.

 

Un premier impact est le resserrement du crédit qui risque de faire reculer les dépenses d'innovation ( R et D) des entreprises et favoriser le maintien des entreprises établies au détriment de nouveaux entrants .Ceci contribue à figer les modèles de production car les coûts fixes nécessaires aux évolutions sont freinés par une période de faible rentabilité.

Néanmoins, certains domaines de recomposition des nouvelles technologies (biotechnologies, nanotechnologies etc.) sont porteurs de croissances en ce sens qu'elles répondent à des besoins  sociaux importants (santé, environnement).

Les potentiels de croissance se situent autour de l'articulation entre les services et les biens notamment par la mise en œuvre de solutions capables de répondre entièrement à un besoin.

L'importance accrue par le WEB du rôle du consommateur véritable acteur autonome conduit à faire émerger une économie de l'usage et de la fonctionnalité à forte valeur ajoutée répondant à des besoins globaux.

Inversement, les secteurs automobiles et de la construction sont les épicentres de la crise  et sont confrontés à des surcapacités difficiles à résorber. Une demande de changement de conception, pour des raisons écologiques et de mise en œuvre de politique d'urbanisme durable, induit une transition longue à laquelle les consommateurs  ne sont disposés qu’à la condition que le prix soit acceptable. Ces deux secteurs auront besoin d'un soutien des pouvoirs publics pour traverser cette période et mettre en œuvre les infrastructures nécessaires à cette évolution.

La crise apparait aussi comme une crise du pouvoir d'achat dans la mesure où la difficulté de financer les biens premiers comme le logement, l'alimentation et le transport impacte la consommation de nouveaux produits et de nouveaux services. Bien qu'émergent de nouveaux comportements de consommation, ceux-ci dépendent de l'évolution du pouvoir d'achat. L'appétit de  consommation reste néanmoins très fort notamment en tant que vecteur de la construction identitaire de la jeune génération.

 

L'explosion des coûts des produits de première consommation comme le logement et l'alimentation grève le budget des consommateurs et est lié à la pression sur les coûts qui a marqué les entreprises dans les années 2000. Cette tendance, outre la précarisation de certaines situations sociales,  limite la solvabilité des consommateurs dans la demande de nouveaux produits et freine, de ce fait, la croissance.

Le marché du travail apparait structuré autour d'une dualisation : d'un coté une augmentation du nombre de contrats précaires et de sous-traitance pour les emplois dits périphériques, de l'autre la rétention par les entreprises des compétences constituant le noyau dur des entreprises. Cette dualisation  a conduit à un affaiblissement de la relation au travail dans les pays occidentaux  sous l'effet de la crise et des pratiques managériales qui l'ont accompagnée. La place du travail pourtant perçu comme essentielle est soumise à de nombreux paradoxes et nécessite de nouveaux équilibres sociaux.

Le modèle d'ajustement dual du travail (Précarité/noyau dur) est porteur d'effets pervers sur la productivité et sur l'évolution des structures de production. Les indicateurs de performance et les mesures destinées à favoriser la motivation des salariés devront évoluer pour accompagner la sortie de crise.

La crise nécessite aussi de repenser l'ancrage territorial des activités et des hommes en tenant compte des paramètres de couts de l'énergie et de la délocalisation possible de certains services. Une recherche de répartition optimale des couts et de l'emploi devra être intégrée aux stratégies territoriales.

 

Pour consulter le rapport complet, cliquez sur le lien ci-dessous :

http://www.strategie.gouv.fr/article.php3?id_article=1064



Nawel SEBIHI
ARDI Rhône-Alpes Performance
Nawel.sebihi@ardi-rhonealpes.fr
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