Quelques éclairages sur les tendances actuelles dans le domaine des matières premières. Synthèse dune récente conférence organisée par le CDAF à Lyon.Les premières matières plastiques sont dorigine végétale. La matière utilisée était le nitrate de cellulose, issu du coton. Aujourdhui, ces matières représentent 10% de la consommation de plastiques. La tendance est à la hausse avec laugmentation de lutilisation damidon.
Les matières plastiques issues de lindustrie pétrochimique ont connu leur apogée dans les années 70. Elles connaissent un léger recul au profit des ressources végétales depuis quelques années. Toutefois, 80% des matières plastiques proviennent de la pétrochimie.
Le PVC, le silicone sont des exemples de matières plastiques dorigine minérale.
Il est possible dajouter des produits « dopants » pour améliorer les produits. Ces produits peuvent faire significativement augmenter les prix de la matière.
La plus grande partie du marché est représentée par les polymères standards (PP, PVC, PE HD/MD
)
Les thermoplastiques, plus chers, sont la seconde catégorie.
Les matériaux haute performance sont utilisés notamment en remplacement des aciers (industrie automobile), car ils sont en mesure de supporter de fortes contraintes. Moins utilisés, ils répondent à des cahiers des charges plus spécifiques et sont plus onéreux.
Les facteurs dinfluence des prix sont associés à des variations des cours des matières premières avec notamment :
Le cours du pétrole
La loi de loffre et de la demande, ainsi que limage que les producteurs et spéculateurs se font de la demande.
Les pannes chez les producteurs, comme le démarrage dunités Les spécificités demandées au matériau
Les quantités demandées et le mode de livraison
Pour les métaux, Monsieur Revol, Président de la CDAF (Compagnie des Dirigeants et Acheteurs de France) région Rhône-Alpes Auvergne annonce un ralentissement très important de lactivité industrielle depuis septembre 2008 avec une accélération dans le domaine de léquipement automobile depuis novembre 2008. Ceci provoque une forte chute des prix de la ferraille et de lacier.
Les acheteurs nen profitent pas totalement, nayant pas de commande à passer.
Au niveau de linox, la problématique est différente car les cours de cette matière ne sont liés quà 30% au cours du métal de base. Les deux tiers restants dépendant de lextralliage. Si, au moment de la commande, la matière est en stock chez le fournisseur, lacheteur peut avoir connaissance du prix de linox, mais cest souvent plus cher. Inversement, lorsque la commande est passée directement auprès du producteur, le prix fixé pour lextralliage est celui en cours sur le mois de livraison
soit environ un trimestre plus tard ! Les cours du métal et de lextralliage étant en baisse, celui de linox lest aussi. Si les besoins de lentreprise sont linéaires, lacheteur a la possibilité de profiter des cours actuels. Toutefois, dans la plupart des cas, les besoins sont liés à laffaire (nuance, épaisseur
) et il est impossible de stocker.
Le secteur du papier et carton a connu de grosses restructurations depuis 20 ans. De 42% en 1991, le taux de récupération est passé à 66% en 17 ans. Lobjectif est datteindre 75% de récupération en 2020.
Depuis 2004, la tendance était à la hausse des cours, mais il y a eu une chute brutale fin 2008.
Se prémunir des variations des cours peut passer par le stockage, mais cela à un coût. On pourra préférer avoir une vision à long terme, sans opportunisme, en construisant la relation avec tous ses fournisseurs.
Cela passe par des contrats de progrès (exiger le respect de la norme et de la qualité, régulariser les flux
), par une contractualisation tripartite et par un enrichissement du portefeuille fournisseurs pour ne pas être dépendant dun ou plusieurs fournisseurs.
Raphaëlle RAVEAUD
CDAF - Délégation Grand Sud Est
grand-sud-est@cdaf.fr
04 69 70 99 36