Le temps prévisionnel de fabrication est aujourd'hui encore, le nerf de la guerre dans l'attribution des marchés. Associé au taux horaire, il contribue pour une large part, au prix final d'un produit ou d'une prestation. Présentation de la méthode UAS d'évaluation des temps.Le temps prévisionnel de fabrication est aujourd'hui encore, le nerf de la guerre dans l'attribution des marchés. Associé au taux horaire, il contribue pour une large part, au prix final d'un produit ou d'une prestation. Pour une même zone géographique de fabrication, l'homogénéité des taux horaires fait de la précision du temps, le facteur déterminant qui conditionne les chances d'attribution des contrats. Une nouvelle méthode existe : l'UAS (Universal Analysis System).
Les entreprises utilisent principalement deux méthodes, selon le degré d'intégration de la composante temps dans le coût final du produit : scientifique ou heuristique. Pour les unes, il s'agit de méthodes de temps prédéterminés ou de standards de temps élaborés par chronométrage. Pour les autres, une évaluation empirique à partir de temps obsolètes ou de référentiels désuets, trouvant leurs origines, parfois dans une organisation pseudo matricielle des bureaux d'études, services industrialisation et méthodes et plus souvent dans la réduction des structures et des temps de développement des nouveaux produits.
Aujourd'hui, faire vite et bien, est devenu une exigence, pour tous.
Pour faire face à cette nouvelle donne, les entreprises privilégient les fonctions génériques aux fonctions dédiées. Les ressources des services industrialisation et méthodes se mutent progressivement d'experts en généralistes. Chacun se doit de prendre en charge un projet global, intégrant l'ensemble des outils de la fonction. La complexité d'utilisation ou le temps de mise en oeuvre de certains outils à modifié les comportements, entraînant de « faire l'impasse » sur certains points. L'évaluation du temps a ainsi souffert de cette conjoncture.
Naissance de la méthode UAS
C'est à partir de ce constat que nos voisins Allemands ont mis au point la méthode UAS ( Universal Analysis System ). Un outil simple, rapide d'emploi et facile d'utilisation, ne requièrant pas de pré requis pour son apprentissage.
Un outil qui prend en compte la notion d'activités à réaliser et non plus la notion d'étude des gestes, trop précise et toujours incertaine en phase projet.
Un outil qui intègre la part d'incertitude entre l'organisation projetée et son implémentation finale (c'est la partie immanente du niveau méthodologique de l'outil). Un outil basé sur des standards industriels existants, reconnus et validés.
Les premiers utilisateurs ont été les constructeurs automobiles Allemands, puis leurs équipementiers nationaux et plus récemment Européens. La demande Française se faisant de plus en plus forte, la méthode a enjambé le Rhin courant 2003, en se francisant.
Le public visé concerne, en particulier, les techniciens ou ingénieurs qui ont pour mission d'établir un temps main d'oeuvre prévisionnel d'assemblage d'un nouveau produit, d'une modification, d'un projet ou d'une réorganisation et de choisir la meilleure des variantes. L'outil est une réelle aide à la décision, garantie par l'objectivité de la méthode et des résultats.
Actuellement ce sont principalement les constructeurs, équipementiers automobiles et fabricants d'appareillages électromécaniques qui utilisent cette méthode. Mais elle n'est pas réservée à ces quelques types d'activité, son utilisation est pluridisciplinaire et sa généralisation est en cours.
A partir de la simulation d'un mode opératoire, prenant en compte l'organisation et l'implantation des postes de travail et des conditionnements, l'analyseur liste les activités chronologiques : prendre et placer une pièce, manipuler un outil, se déplacer, actionner une commande, etc.
Les activités ne sont pas attribuées à une main précise, mais la méthode tient compte des phases possibles de travail à 2 mains. Des variables sont associées aux 7 activités pour prendre en compte le degré de difficulté des manipulations. Exemple : un manipuler outil peut être qualifié d'approximatif, de précis ou de serré.
Les activités concernent les membres supérieurs, inférieurs, les actions des yeux et les mouvements du corps. Au total, c'est une trentaine de cas qui s'offrent à l'analyseur pour chiffrer un mode opératoire. Les distances sont classées en 3 catégories, facilitant le travail d'appréciation de l'analyseur. A partir d'une carte de temps prédéterminés ou d'un logiciel, les totaux peuvent alors s'opérer et la comparaison des résultats, s'effectuer.
Exemple d'analyse (extrait d'une étude d'assemblage d'une climatisation) :
Cette méthode présente trois avantages majeurs : sa courte durée d'acquisition et de mise en oeuvre, sa rapidité et précision de chiffrage et sa validation et reconnaissance internationale. Ces critères lui confèrent des arguments décisifs quant au choix d'une méthode de chiffrage.
Cette méthode doit, par contre, s'employer avec précautions, pour des temps de cycles très courts, typiques d'une organisation en ligne, prescrite pour les fabrications de masse. On pourra préférer dans ce cas, les techniques MTM de première et seconde génération.
Comparatif entre méthodes
La comparaison s'effectue principalement selon deux critères : les durées de formation et d'analyse.
Formation acquisition : 4 jours de formation sont recommandés, sous forme de formation action où le traitement de cas concrets est la pierre angulaire de la progression pédagogique. C'est 5 fois plus rapide que le MTM1, 2 fois plus rapide que le MTM2 et 1,5 fois plus rapide que la chrono analyse.
Rapidité de chiffrage : Le temps d'étude nécessaire pour analyser 1 minute de travail opératoire, est de 300 minutes avec le MTM1, 150 minutes avec le MTM2 ou la chrono analyse et 50 minutes avec l'outil UAS. C'est 6 fois plus rapide que le MTM1 et 3 fois plus rapide que le MTM2 et la chrono analyse.
Tableau comparatif des méthodes
Que peut-on attendre de l'emploi de cette méthode ?
Une réactivité et une plus grande précision de chiffrage des projets ou des devis, par la généralisation de l'emploi de l'outil.
La réduction des conflits due à l'objectivité de la méthode et des résultats.
La maîtrise des engagements contractuels formulés aux clients.
Une base de comparaisons ou d'échanges avec les clients, fournisseurs ou partenaires utilisateurs.
La création rapide d'une base de standards de temps de l'entreprise.
Un accès facilité à la mise en oeuvre ou à l'évolution des organisations matricielles.
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