Le Cetim (Centre Technique des industries Mécaniques) a lancé, en juin dernier, la première plate-forme collaborative française d'UGV à distance, destinée aux PME-PMI.Le Cetim a lancé, en juin dernier, la première plate-forme collaborative française d'UGV à distance, destinée aux PME-PMI. Explications.
Grâce aux progrès réalisés dans le domaine des technologies de l'information (Internet haut débit en particulier), des logiciels et des équipements (commandes numériques de plus en plus puissantes) les industriels n'ont jamais disposé d'autant d'opportunités dans le domaine de la production. Selon Stéphane Guérin du Cetim « il devient dorénavant possible d'usiner une pièce à distance, de la contrôler, de partager à plusieurs des plans disponibles et des données disponibles sur un espace virtuel commun, de prendre un logiciel en main à distance, de dépanner une machine à distance, etc. »
Pour preuve la démonstration réalisée par le Cetim, lors de la journées de lancement de cette plate-forme, en juin dernier. Elle a consisté à commander, depuis Saint Etienne, l'usinage d'une empreinte de moule d'injection plastique sur une fraiseuse UGV installée chez Stevenin-Nollevaux dans les Ardennes. Les industriels présents ont pu suivre l'opération dans les moindres détails grâce à la Webcam qui filmait la machine et au grand écran installé dans la salle de conférence stéphanoise.
Ce premier test d'usinage à distance a pu être réalisé grâce au fait que la machine (une fraiseuse Roders RP 800 commandée par deux PC) est capable d'exécuter un programme d'usinage transmis via Internet. Afin de bien montrer qu'il contrôlait l'environnement complet de la machine et disposait de ses fonctionnalités « comme s'il était devant», Francis Cathala d'UGV Process a arrêté puis fait redémarrer la machine, à plusieurs reprises. Il a aussi réalisé un changement d'outil et fait varier la vitesse de la broche, à la demande. Bilan final : des pièces parfaitement usinées et en un temps record. En amont de la démonstration, ses initiateurs avaient récupéré le modèle fourni par la CAO et réalisé le parcours d'outils en relation avec la société Delcam pour la FAO.
Une opération collective
Réalisée en partenariat avec le Syndicat de la machine-outil, du soudage, de l'assemblage et de la productique associée (Symap), cette plate-forme collaborative en usinage à grande vitesse et à distance va permettre à plusieurs PMI, non utilisatrices de l'UGV, de s'approprier cette technologie grâce à un ensemble de moyens communs (machine, outillages, logiciels) et au soutien technique du Cetim tant sur le plan collectif qu'individuel. Ce projet innovant qui exploite les nouvelles opportunités offertes par les technologies de l'Internet a pu être mis en place grâce au constructeur de machines Röders dont la fraiseuse UGV RP800 présente la particularité de pouvoir être programmée et pilotée à distance grâce à deux PC et non par une armoire CN classique.
Après une rapide période d'essai, chaque entreprise devrait être en mesure de réaliser elle-même ses opérations d'usinage par pilotage à distance. Pour ce projet qui peut accueillir jusqu'à cinq entreprises, le Cetim assume les risques financiers et contribue aux coûts de fonctionnement. Il assure également la formation et l'accompagnement technique des différents intervenants. Les entreprises prennent en charge le solde des coûts d'exploitation. Chaque entreprise participante disposera d'une capacité disponible moyenne de production de 400 heures de jour (et potentiellement plus en heures de nuit).
Un moyen d'intégrer l'UGV en douceur et en réduisant les risques
Selon Thierry Faye, son directeur technique, Préciforge s'est rapidement impliquée dans la nouvelle plate-forme « car c'est un moyen intéressant d'évaluer l'usinage à grande vitesse et à distance de matrices de forge tout en limitant les risques». Avant d'investir dans une machine UGV l'entreprise désire définir un process optimum et vérifier la fiabilité des outils coupants.
Cette opportunité tombe aussi à pic pour l'entreprise Wichard, comme l'explique Jacques Chevaux, son directeur industriel : « nous voulions intégrer une machine UGV au niveau de la conception et de la fabrication des outils mais l'ampleur de l'investissement à réaliser nous faisait d'autant plus hésiter que nous n'avions pas, au départ, une charge de travail suffisante pour la rentabiliser. Grâce à ce projet, en temps partagé, nous allons pouvoir le faire avec un investissement beaucoup plus raisonnable». Autre avantage selon lui : « du fait que la montée en puissance va se faire de manière progressive, sur trois ou quatre ans, la rupture technologique que représente l'UGV par rapport au procédé d'électroérosion par enfonçage sera plus facile à gérer sur le plan humain ». Préciforge apprécie, elle aussi, l'expertise UGV du CETIM et l'accompagnement proposé au niveau de la formation des hommes : « nous allons mettre à profit les 50 journées/an du programme pour appréhender ces nouvelles manières de travailler. Grâce à la formation qu'ils vont recevoir dans le domaine de la FAO et de la conduite des machines, nos opérateurs devraient être rapidement opérationnels. »
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