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Tendances technologiques

Tendances technologiques

Les enjeux stratégiques et économiques de l'intégration

Date de publication : 05-12-2001


La CIAT est une des entreprises industrielles de Rhône-Alpes les plus avancées dans le domaine de l'intégration. Pour en rendre compte à ses lecteurs, Pôle Infos a interrogé M. ORIGHONI qui, en tant que conseiller en organisation et stratégie auprès du Président, est le principal animateur et coordinateur de la mise en place du CIM dans cette entreprise. Depuis 1986, l'entreprise CIAT mène un effort soutenu et remarqué d'intégration productique, quelle en est la raison principale ? L'objectif fixé par M. Jean-Louis FALCONNIER (PDG) à toute l'entreprise, est d'être le leader européen de la profession en 1992. Cette ambition majeure inspire la transformation profonde et progressive de l'entreprise depuis cinq ans. La partie la plus visible et spectaculaire de cette transformation est l'informatisation complète et intégrée de l'entreprise, résultat communément désigné par le mot CIM (Computer Integrated Management). Mais, en réalité, il ne faut pas perdre de vue que les enjeux sont avant tout stratégiques et que les résultats doivent se traduire en termes économiques, Justement, pour la CIAT, quels sont les enjeux stratégiques du CIM ? L'ambition de devenir le leader européen de la profession a été déclinée suivant trois axes de réflexions et d'actions: - optimiser nos points forts clients/marchés en particulier flexibilité et réactivité, - faire le bilan de tous les coûts de dysfonctionnement et les corriger, - définir un plan d'optimisation de la fonction technique (valorisation du savoir-faire et capacité d'innovation). Une fois ces objectifs clairement identifiés par l'ensemble de l'entreprise, il est apparu évident que l'entreprise ne pourrait se transformer, à hauteur des enjeux perçus, que si d'une part elle mettait en place un système de communication performant et d'autre part elle misait sur la motivation du personnel, La mise en place du CIM, telle qu'elle est faite à la CIAT, est la réponse à ce double défi, Concrètement, cela veut dire que l'informatisation devait : - rendre plus performantes les grandes fonctions de l'entreprise (conception, méthodes, gestion de production, évaluation, etc.), - se développer suivant un schéma cohérent, ordonné et global, car l'objectif est une communication efficace, c'est-à-dire que l'information soit fournie, échangée ou disponible sous la bonne forme au bon moment et au bon endroit, - miser sur des équipes pilotes motivées qui mettent en place les applications nouvelles, prouvent ainsi leur faisabilité et entraînent les autres dans leur sillage. En même temps que l'informatisation progresse, l'organisation doit évoluer. Ce n'est pas le plus facile. Il y faut des coups de butoir permanents car la résistance est forte (idées reçues, avantages acquis, préférence pour la tranquillité), A tous les niveaux de l'entreprise, chacun doit avoir une perception claire des orientations du CIM ; l'implication de la Direction Générale et de l'encadrement est un élément clé de la réussite. De même, dans une perspective CIM, il est indispensable d'associer à la réflexion sur l'implantation et l'organisation des ateliers, les principaux acteurs qui auront à les faire tourner ; c'est d'ailleurs l'occasion d'une formation sur les enjeux et les objectifs du CIM. Il est important aussi que chacun trouve sa place dans la nouvelle organisation , de ce point de vue l'effort de formation est primordial ; à la CIAT il atteint jusqu'à 10 % de la masse salariale. Comment avez-vous fait pour que l'on ne perde pas de vue le résultat économique dans Ia mise en place du CIM ? C'est effectivement essentiel, et trop souvent négligé. En ce qui nous concerne, nous avons consacré beaucoup de temps à recenser systématiquement, pour chaque fonction de l'entreprise, les gains de productivité, soit directs, soit indirects, que l'on pouvait attendre de la TGAO, de la GPAO, de la CFAO et de leur intégration dans le CIM. Ainsi, chacun dans son secteur et en percevant l'interdépendance avec les autres, se fixait des objectifs quantifiés d'amélioration de productivité. Par exemple, le service Méthodes évaluait à 80 % le temps qu'il gagnerait à ne plus gérer les gammes qui seraient gérées par un système expert de génération automatique, à 90 % le temps qu'il gagnerait à ne plus faire, en double, des chiffrages faits par la CFAO et auxquels il aurait accès. Ce sont ainsi plus de 50 indicateurs de performances prévisionnelles qui ont été listés par tous les services de l'entreprise, par exemple, le service Commercial a évolué à + 10 % la progression du chiffre d'affaires liée à la réduction des délais de fabrication prévue dans le cadre du CIM. Au fur et à mesure de la mise en place du CIM, nous avons vérifié si ces résultats étaient effectivement atteints ou examiné les mesures correctives à prendre pour qu'ils le soient. Quelles sont les perspectives du CIM à la CIAT ? Nous sommes en passe d'atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés. La production est maintenant intégrée depuis la conception jusqu'à la livraison. La prochaine étape consiste à étendre la cohérence du CIM à deux nouvelles fonctions de l'entreprise : le marketing et le management. Lors d'un voyage récent aux USA, j'ai pu constater que dans ce domaine nous étions des précurseurs. Pourquoi une telle réussite ? Elle provient des hommes en charge du journalier sur le terrain et de leurs responsables qui ont su se mobiliser et se motiver pour procéder par substitution douce ; ces nouvelles technologies remplaçant leurs anciennes méthodes.






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