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ERP - GPAO

ERP - GPAO

Quelques pistes d’évolution

Date de publication : 07-01-2008
Tirer profit des leviers de croissance pour conquérir de nouveaux marchés, moderniser l'infrastructure middleware et l'ergonomie des ERP, et anticiper l'arrivée d'un phénomène qui n'en est qu'à ses balbutiements mais qui pourrait concurrencer l'ERP, c'est-à-dire l'approche SOA… telles sont quelques-unes des pistes d'évolution que l'on peut attendre de la part des éditeurs d'ERP.

Une voie d'évolution importante pour les grands éditeurs généralistes d'ERP est la recherche de nouveaux relais de croissance et de marchés. Le phénomène n'est certes pas nouveau : cela fait plusieurs années que les éditeurs historiques d'ERP ont quasiment saturé leur premier marché, celui des grands comptes. D'où leurs efforts pour cibler aujourd'hui deux autres marchés essentiels. Le premier est le secteur public (administrations, collectivités territoriales et organismes parapublics), marché où l'investissement informatique, longtemps à la traîne, connaît un fort potentiel de croissance.

Cependant, la bataille la plus significative, celle où ils se mobilisent avec le plus d'agressivité (depuis plusieurs années d'ailleurs, sans qu'on puisse dire nettement quel est "le" vainqueur aujourd'hui), continue d'être la bataille du mid-market, c'est-à-dire des PME de taille significative (entre 100 et 2000 salariés). Un marché de plus de 23 000 entreprises en France qui représente quasiment le tiers de dépense informatique hexagonale. La plupart des grands éditeurs venus du monde des grands comptes (SAP, Oracle…) abordent le mid-market dans une approche descendante du marché. D'autres, à l'inverse, bien implantés dans le monde de la petite et moyenne entreprise, comme Sage (voir article dans notre dernier numéro) ou Cegid, mettent en œuvre une stratégie de conquête ascendante. Les éditeurs font ainsi évoluer leur positionnement d'origine, avec plus ou moins de bonheur.


Pour gagner ces cibles, ils vont tenter de tirer le meilleur parti de certains leviers de croissance:

  • L'existence d'un marché significatif de renouvellement. Pour les grands comptes et les grosses PME notamment, l'investissement en systèmes de gestion a été important à la fin des années 90. Ces systèmes sont devenus aujourd'hui obsolètes, d'où une forte demande en renouvellement de progiciels. Beaucoup de PME profitent de l'occasion pour remettre à plat leur système d'information, parfois composé de logiciels spécifiques, en faveur d'un système intégré. C'est particulièrement vrai dans le domaine industriel où les anciennes GPAO ont souvent été bâties sur du spécifique.

  • L'évolution de la réglementation induit des évolutions affectant les fonctions dirigeantes des entreprises. Tous les marchés sont concernés, publics et privés. Les éditeurs d'ERP doivent prendre en compte ces nécessaires adaptations, réunies sous le vocable "Governance, Risk and Compliance" : gouvernance d'entreprise, gestion des risques, mise en conformité (par rapport à la législation). Conséquence des lois ou directives SOX, LSF, NRE, REACH (1), DEEE(2), pour ne citer que les plus emblématiques, la "Governance, Risk and Compliance" est promise à un bel avenir.

  • La verticalisation. Pour les PME en particulier, dont l'activité peut-être très spécifique et qui sont tentées davantage par des approches spécifiques ou best-of-breed, les éditeurs d'ERP doivent déployer de gros efforts pour proposer une offre qui combine intégration et couverture fonctionnelle adaptée et à un tarif abordable. La capacité à verticaliser leur offre, c'est-à-dire à adapter l'ERP un secteur d'activité par pré-paramétrage du progiciel ou adjonction de code source dédié, renforce la crédibilité et la pertinence des éditeurs.


Demain, l'ERP 2.0 ?

Cependant, leurs seules fonctionnalités ne permettent plus de différencier les grands ERP du marché. La proposition de valeur des grands éditeurs a tendance à évoluer en faveur de choix technologiques. Les grands éditeurs mettent en effet l'accent sur des capacités plus puissantes d'intégration, d'évolution et d'accessibilité par les utilisateurs qui peuvent être distants et mobiles.

  • Un middleware renforcé. Ainsi, SAP met en avant NetWeaver, sa plateforme middleware, Oracle ses outils Fusion middleware (à ne pas confondre avec Fusion Applications), tandis que Microsoft ambitionne d'unifier l'interface utilisateurs de ses progiciels de gestion. Une première étape a été franchie avec l'adoption d'une ergonomie commune à Dynamics AX et Dynamics NAV. Lawson doit pour sa part homogénéiser ses plateformes M3 (Movex) System Foundation) et S3 (Lawson) System Foundation.

  • De nouveaux outils de développement. En parallèle, de nouveaux outils de développement font leur apparition tels que Flex (Open Source) et Apollo d'Adobe, Eclipse (Open Source), SilverLight de Microsoft ou encore le framework Ruby on Rails. Le projet "Muse" de SAP consiste en une nouvelle interface utilisateur, basée sur Flex, et permettra d'accéder aux progiciels de SAP depuis des postes utilisateurs fonctionnant sous différents systèmes d'exploitation - Windows, Linux, Mac OS et des outils mobiles. Conséquence de ces nouveaux outils facilitant les accès via un navigateur Internet, un client riche ou bien via des terminaux mobiles : la démocratisation probable, c'est-à-dire l'adoption à grande échelle des applications accessibles via un PDA, un téléphone mobile ou encore en mode déconnecté au moyen d'un ordinateur portable.

  • L'intégration bureautique. De la même façon que les interfaces utilisateurs ne sont plus exclusivement utilisables sur un poste de travail, des accès déportés font également leur apparition. C'est le cas de Duet, développé conjointement par SAP et Microsoft. Duet propose d'utiliser Office (Outlook et Excel) pour consulter et réaliser des opérations sur les données de l'ERP de SAP. Il est ainsi possible de créer une demande de congés depuis Outlook, qui sera automatiquement intégrée dans SAP ERP 6.0 (anciennement mySAP ERP 2005). Dans le même ordre d'idée, Microsoft Dynamics Snap permet, depuis Office 2007 (Outlook, Word et Excel) d'accéder aux données de Dynamics AX. Les restitutions budgétaires sont ainsi totalement personnalisables dans Excel et d'autres fonctions permettent de saisir les temps de travail et les demandes de congés dans les tâches Outlook. Ces tâches sont ensuite intégrées dans Dynamics AX. Les outils de portails sont eux largement répandus et permettent la consultation des données de l'ERP et la saisie de certaines transactions.

  • Renforcement de l'offre services : maintenance, hébergement… D'un point de vue commercial, l'externalisation de la maintenance des ERP apparaît comme un segment prometteur pour des entreprises dédiées à cette activité. Proposant des plans de maintenance à des tarifs inférieurs pour moitié à ceux pratiqués par les éditeurs, certaines entreprises se sont d'ores et déjà positionnées sur ce créneau. C'est le cas de l'américain TomorrowNow, racheté par SAP : il propose des plans de maintenance pour les progiciels JD Edwards, PeopleSoft et Siebel, entrés dans le giron d'Oracle au gré de ses rachats. En 2006, SAP a étendu cette offre à BaaN, ERP phare de la fin des années 1990, depuis racheté par Infor. TomorrowNow a enregistré 16,2 millions d'euros de revenus pour l'année 2006. Les ERP en mode hébergé locatif (on demand, ASP ou SaaS) suscitent relativement peu d'intérêt. Cependant, la demande existe (Net Suite est un ensemble d'applications de gestion proposé dans le monde anglo-saxon en mode SaaS), l'offre s'affine (Microsoft facilite la commercialisation de ses produits par ses distributeurs, en leur proposant des plans de financement adaptés) et, last but not least, SAP a récemment annoncé le lancement commercial d'une nouvelle offre ERP en mode SaaS en 2008 (3).


L'approche SOA : un tournant à ne pas manquer


Reste une des principales évolutions technologiques que les éditeurs d'ERP vont devoir prendre en compte : l'arrivée des architectures de type SOA. A l'ancien débat ERP versus Best-of-breed (ou progiciel intégré contre briques spécialisées) se substitue en effet depuis peu en effet une nouvelle controverse : ERP contre SOA. L'agilité que nous promet une architecture orientée services, sur laquelle il sera possible de greffer relativement facilement un certain nombre d'applicatifs web (webservices), semble en effet peu compatible, à première vue, avec la puissance monolithique d'intégration de l'ERP. L'ERP risque-t-il de disparaître un jour au profit des architectures orientées services (SOA) ? Nous ne le pensons pas. De même que l'ERP ne s'oppose plus au best-of-breed (les deux approches se complètent souvent dans la pratique), l'intégré cohabitera dans l'avenir avec les principes de la SOA.


En effet, malgré des échecs parfois cuisants d'implémentation, l'ERP reste bénéfique à la gestion d'une entreprise. Pour deux raisons essentielles :

  • La première réside dans le fait que l'interfaçage (autrement nommée intégration) d'applications informatiques est et demeure un point aussi crucial que complexe dans la mise en œuvre d'un système d'informations. Loin d'effacer l'ERP, la SOA servira plutôt à intégrer l'ERP dans le système d'information des entreprises et des organismes publics. Plusieurs éditeurs d'ERP n'hésitent d'ailleurs pas à affirmer que leur progiciel respecte les principes de SOA… (principes d'ailleurs dont les contours ne sont pas encore clairement délimités !) Parallèlement, certains éditeurs mettent à disposition certaines des fonctions de leur ERP sous forme de web services. C'est notamment le cas de Cegid, de SAP et de Microsoft (pour Dynamics AX).

  • La seconde naît du constat que les éditeurs de progiciels de gestion, - d'une façon générale et pas seulement les éditeurs de PGI - ont une nette tendance à étendre leur offre en y ajoutant des "briques" fonctionnelles complémentaires. Lefebvre Software s'intègre ainsi en OEM avec des éditeurs tiers (pour la partie comptabilité), Coda propose des fonctionnalités liées à la gestion des achats et des immobilisations… pour ne citer que ces deux exemples. Enfin, des éditeurs autrefois positionnés sur le créneau du best-of-breed comme Cegid ou Sage font désormais la promotion de leur image en tant qu'éditeur d'ERP.


Article paru dans L'Oeil Expert, juin 2007 Magazine du CXP

Dans notre prochaine lettre : Zoom sur quelques stratégies d'éditeurs


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Farida TALHI
Pôle Productique Rhône-Alpes
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talhi@ppra.fr

 





Vincent Lieffroy
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